Un automne sacré

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Un automne sacré

C’était leur première nuitée dans ce majestueux hôtel. Elle en avait rêvé si longtemps et enfin c’était une réalité. La journée avait été juste somptueuse et à la hauteur de ses espérances. Il était désormais venu le temps de la libération, celle de la communion, de la délivrance, de la légitimité charnelle.

Après l’avoir prise dans ses bras et avoir franchi la porte, il la fit doucement glisser le long de son corps afin qu’elle touche le sol et l’embrassa langoureusement. Elle se sentait cadenassée à lui par l’amour qui les unissait et leurs langues continuaient de rouler, se dérouler, se caresser sensuellement. Elle frissonna de désir, ses tétons durcirent instantanément. Il éprouvait une envie si forte qu’elle put le sentir sur son bas ventre. Alors ils se dirigèrent enlacés vers ces draps de satin blancs et s’abandonnèrent à leur volonté d’union éternelle par leur corps assemblés, symbiose de plaisir. Ils faisaient désormais partie de cette belle communauté d’union sacrée, celle qu’ils avaient désirée, tous deux, à leur premier regard échangé. Léandrie voyait cette union comme l’antichoc de l’amour, la promesse d’amour éternel, Esteban, lui, l’apparentait à la suite logique d’une passion fusionnelle entre deux âmes soeurs.

Le stress de toute cette journée s’était enfin évanoui par ce tête à tête longuement attendu. Ils étaient seuls pour jouir de ce bonheur intense, cet évènement unique. Leur étreinte passionnée leur avait donné faim. Une détonation retentit et il déversa avec dextérité le champagne dans deux coupes. Ils dégustèrent avec délectation leurs escargots farcis qu’ils avaient fait parvenir à leur suite, ils en raffolaient autant l’un que l’autre. « Bigre qu’ils sont succulents ! » s’était-elle exclamée léchant farouchement une coquille. Elle les trouvait bien meilleurs que ceux qu’ils avaient consommés la dernière fois… accommodés d’épices, ils n’avaient pas particulièrement apprécié. Ils avaient du se ventiler l’un l’autre pour palier à une main indéniablement trop lourde de la part du cuisinier. Sans rancune ils y retourneront malgré tout pour se restaurer, attachés à ce restaurateur de quartier, amoureux de son métier.

Une fois leurs estomacs rassasiés, Esteban entreprit un doux massage de pieds à sa belle. « Mais comment devine t’il toujours mes envies ? » s’était-elle interrogée. C’était bien là pour elle une preuve irréfutable que lui seul pouvait être l’élu. Tant d’attentions à son égard, de sensibilité, d’empathie et surtout sa clairvoyance la comblaient. Le zouk lui avait littéralement endolori les pieds bien qu’elle adorait cette danse. Dans la pénombre de leur chambre nuptiale, bercée par un blues divin, les yeux vitreux de fatigue, elle succomba quelques minutes aux bras de morphée.

Cette pause douceur finie, la nuit leur appartenait pour s’adonner corps et âmes à leur devoirs conjugaux. Ils n’en perdirent pas une miette, savourant cet instant magique à la hauteur de leur amour.

Au petit matin Léandrie ouvrit les persiennes et observa devant elle cette vue magnifique, des érables parés de leurs plus belles couleurs dans le calme de cet automne marital. Elle aimait par dessus tout la nature et ce qu’elle offrait. Elle huma à pleins poumons cet air si frais en cette campagne tandis qu’Esteban se glissa derrière elle pour l’enlacer et profiter avec elle de cette première matinée d’époux…

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Ceci est ma participation à la récolte 77 au jeu d’écriture « Des mots, une histoire » chez Olivia. Les mots imposés : nuitée, zouk, cadenassée, blues, ventiler, vitreux, bigre, communauté, épice, s’abandonner, pénombre, antichoc, téton, escargot, érable, rancune, massage, détonation, rouler, évanoui.

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