Se ressourcer – pèlerinage spirituel

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Se ressourcer – pèlerinage spirituel

Il avait enfin envie de renouer avec ses origines hindoues et fuir loin des marasmes de sa vie quotidienne. C’est pourquoi il décida de partir faire son pèlerinage en Inde, dans l’Etat du Jammu-et-Cashmire, aux grottes d’Armanath, durant ses vacances d’été, pendant les fêtes de la mela de Shravani. Il avait reçu son autorisation des autorités indiennes afin de l’effectuer, autorisation nécessaire à cause des problèmes de sécurité dans cette région.

Ces grottes, célèbre sanctuaire hindou, sont dédiées au dieu Shiva. C’est ici qu’il révéla à Parvati le secret de la vie éternelle et que deux colombes, l’ayant entendu devinrent immortelles renaissant sans cesse, et firent de la grotte leur demeure à jamais. On y retrouve des formations de glace, stalagmites appelées Lingams (pierre de forme phallique : représentation classique de Shiva « Shiva Linga »), reflétant pendant le Shavran, selon les croyances, Shiva, Parvati et leur fils Ganeth.

Le pèlerinage dure de 4 à 5 jours, temps utile pour parcourir les 42 kms à pied. Il y croisera forcément des palanquins, utilisés par les personnes âgées ou fragiles qui ne peuvent faire le trajet autrement, et également des personnes à cheval. Lui avait décidé de faire la route rien qu’en marchant et en prenant le chemin le plus long à travers la cambrousse au départ de Srinagar pour arriver à Pahalgam, point de raccourci pour lui. Il était en pleine vitalité de l’âge, c’était l’occasion ou jamais de réaliser ce voyage.

Dans sa vie de tous les jours il était officier ministériel, plus exactement huissier et était régulièrement traité de fourbe, de destructeur de vie, mais lui ne faisait que son devoir, sans prétention aucune. Cette image lui faisait beaucoup de mal car, à qui le connaissait savait qu’il était un homme loyal, généreux, emplie de compassion et d’une gentillesse (excessive) indéniable, un homme bon. Il n’était pas un thuriféraire, un flagorneur, ses agissements n’étaient jamais calculés et il ne ressentait pas le besoin de flatter les gens inutilement. C’était quelqu’un de sobre, simple et intelligent.

Sa femme, infirmière, l’avait chaleureusement soutenue dans son désir de dévotion, de purification de son âme par le pèlerinage, histoire d’évacuer  toutes les ondes négatives qui pourraient s’annoncer comme des blessures irréparables en son for intérieur. Les gens ne cessaient de pigouiller, taquiner son mari et elle souffrait pour lui, sachant le grand impact de ses attaques sur lui.

Même s’il était physiquement au meilleur de sa forme, il en était tout autre chose quant à ses états d’âme et ses ressentis. Il était une personne fragile sentimentalement et émotionnellement, pouvant se laisser aller à des idées sombres et glauques lorsqu’il se retrouvait au plus bas sur l’échelle de l’estime de soi. Ce pèlerinage ne pouvait que lui faire du bien, il le désirait depuis tant d’années.

Se tourner sur lui, sur ses croyances, se consacrer à sa spiritualité, dans ce pays où la grande pauvreté vous marque au fer rouge, était ce dont il avait besoin à l’heure actuelle… Se rapprocher de ses ancêtres et trouver la force, la sagesse et l’humilité nécessaires à une vie heureuse.

Ceci est ma participation au jeu d’écriture « Des mots, une histoire » organisé par Oliviarécolte de mots 78 : Thuriféraire, prétention, vitalité, infirmière, devoir, marasme, raccourci, palanquin, occasion, irréparable, cambrousse, pigouiller, fourbe, glauque, ministériel, pauvreté.

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