Alice Sebold – La Nostalgie de l’Ange

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Alice Sebold née le 6 septembre 1963 à Madison, Wisconcin, est une romancière américaine.

Biographie (wikipédia) :

Toute jeune, elle souhaitait être romancière. Après son lycée, elle a fréquenté l’université de Syracuse à partir de 1980. Elle a publié deux œuvres traduites en français : Noir de Lune (The Almost Moon) et La Nostalgie de l’ange (The Lovely Bones). Ses romans sont principalement basés sur son expérience personnelle.

Alors qu’elle avait 18 ans et qu’elle était nouvelle à Syracuse, elle a été agressée et violée dans un parc proche de l’université. Elle fut hospitalisée. Une fois de retour à Syracuse, après quelques mois, pour reprendre ses études, elle a reconnu son agresseur et a fait en sorte qu’il soit arrêté.

Après avoir obtenu son diplôme à Syracuse, elle se rend au Texas pour des écoles. Ensuite, elle s’installe à Manhattan pour 10 ans. Elle occupe divers postes comme serveuse et continue d’envisager sa carrière d’écrivain. Elle voulait raconter son histoire par la poésie, mais n’y parvient pas. Elle essaie la drogue pour gérer la mémoire de son viol. Elle reparle volontiers de cette période avec un regard critique: « I did a lot of things that I am not particularly proud of and that I can’t believe that I did » (J’ai fait pas mal de choses dont je ne suis pas particulièrement fière et que je ne peux pas croire que j’ai faites).

Elle quitte Manhattan et se rend en Californie du Sud, où elle devient gérante d’une colonie d’artistes avec un salaire de $386 par mois, vivant dans une cabane dans les bois, sans électricité. Elle écrivait à la lueur d’une lampe à gaz.

Plus tard, elle se rapproche de l’université de Californie (Irvine) en 1995. C’est à l’UCI qu’elle commence Lucky, des mémoires dans lesquels elle raconte son viol à Syracuse. Le nom du livre vient d’une réflexion du policier qui lui dit qu’elle avait eu de la chance de ne pas avoir été tuée, puisqu’une fille avait précédemment été violée et tuée au même endroit. Elle commence en visant un récit de 10 pages (qui en fera en fait 40) pour son groupe d’études.

Après la publication de Lucky en 1999, elle écrit le roman La Nostalgie de l’ange (The Lovely Bones) en 2002. Le Auckland Writers and Readers Festival présente ce roman comme méritant d’être un best seller, pour sa qualité artistique et l’émotion qu’il dégage. Le roman raconte l’histoire d’une fille de 14 ans qui est violée et tuée. L’histoire est présentée avec le point de vue de celle qui est ainsi violée et assasinée, depuis le séjour des défunts, au ciel, d’où elle regarde le monde, et en particulier les difficultés provoquées dans sa famille pour assumer ce deuil… entre autres pour que sa sœur parvienne à vivre sans être l’ombre de la défunte.

C’est pendant l’écriture de ce roman qu’elle rencontre son mari Glen David Gold à l’UCI en 1995. Ils se marièrent en novembre 2001.

C’est par conviction qu’elle écrit sur la violence. Selon son interview auprès du Publisher Weekly, elle est persuadée que la violence est présente dans la vie de chacun ; bien que cette expérience soit horrible, il ne faut pas croire que cela ne touche qu’un petit nombre.

Le réalisateur Peter Jackson a réalisé une adaptation cinématographique de La Nostalgie de l’ange : The Lovely Bones, sorti le 10 février 2010.

Quatrième de couverture :

Le viol et le meurtre de la petite Susie sont sans doute les souvenirs les plus effroyables qu’elle ait emmenés au paradis. Mais la vie se poursuit en bas pour les êtres que Susie a quittés, et elle a maintenant le pouvoir de tout regarder et de tout savoir. Elle assiste à l’enquête, aux dramatiques frissons qui secouent sa famille. Elle voit son meurtrier, ses amis du collège, elle voit son petit frère grandir, sa petite soeur la dépasser. Elle observe, au bord du ciel, pendant des années, la blessure des siens,  d’abord béante, puis sa lente cicatrisation …

Habité d’une invincible nostalgie, l’ange pourra enfin quitter ce monde en paix.

Mon avis :

C’est un livre que j’ai énormément aimé car il est tout en pudeur, bourré de sentiments, amène à réfléchir.

On commence tout de suite dans le vif du sujet, le viol et meurtre de la petite Susie 14 ans. On sait rapidement qui est le meurtrier, le fond du livre n’étant pas basé sur une intrigue policière (bien qu’on suive quand même l’enquête) mais sur la façon dont toute une famille et un entourage va effectuer son deuil, dans la peine, dans la fuite, dans la tristesse, dans le désir de vengeance, dans le soutien, dans l’épreuve …

Susie de son paradis, créé par ses propres désirs, souhaits, observe toutes ces personnes. Elle les suit, les découvre, pendant plusieurs années (temps  nécessaire pour elle et les autres de l’acceptation) se déchirer, s’éloigner, s’épauler, se reconstruire doucement. Elle ressent une immense nostalgie et on revit avec elle ses souvenirs, ses moments qu’elle ne veut oublier.Cette petite fille souhaite exister à jamais dans les yeux de ses parents, de ses frère et soeur. Susie est partie juste au moment de l’adolescence et des premiers baisers et ce sera au travers de sa soeur qu’elle découvrira les premiers émois de l’amour. Mais cette même soeur devra se battre pour ne pas se voir en tant que Susie au travers de ses propres yeux et ceux de ses proches.

Mais elle ne comprend pas pourquoi elle reste dans le souvenir de son meurtre. Elle voudrait revenir… Il lui faut aussi du temps. On ressent avec force le besoin qu’elle a de rester dans son paradis veiller sur les siens.

« Si tu arrêtes de te demander pourquoi c’est toi qui as été tuée et non quelqu’un d’autre, si tu arrêtes d’explorer le vide que ta perte a laissé, si tu arrêtes de te demander ce que ressent toute personne laissée sur Terre, tu pourras être libre. Dit plus simplement, il te faut abandonner la Terre. »

Au fil de l’histoire on voit se rapprocher des personnes de la même famille (entre autres un père et son fils) et le lien indestructible s’établir et se consolider, conséquence de la disparition de Susie. Sa mort a changé tout le fil de la vie de chacun, en souffrance, en douleur, mais aussi en amour.

Nous découvrons également une adolescente, qui n’était pas une amie de Susie mais qui la connaissait, ayant était à l’école avec elle depuis la maternelle, se retrouvait très proche d’elle à la suite de sa mort…

Ce livre est prenant, on a envie de le dévorer en une seule fois (d’ailleurs je l’ai lu en deux jours), il prend aux tripes par tous ses sentiments mêlés, ses souvenirs exprimés, tout cette tension parfois, ce suspens aussi. L’écriture y est très agréable et fluide. Ce que j’apprécie essentiellement c’est de pouvoir avoir l’impression de faire partie de l’histoire, d’être Susie, de ressentir ce qu’elle ressent, de ressentir aussi ce qu’éprouvent les autres. J’ai versé des larmes mais tout aussi vite refoulées car l’histoire continue et on ne reste pas se larmoyer, il n’y a pas d’exagération.

La fin est superbe, j’ai particulièrement aimé, je ne peux en dire davantage …

Si je dois dire quelque chose de négatif sur ce livre, mais qui ne m’a pas dérangé, ce sera sur le fait que parfois (rarement) on saute d’un évènement à un autre, sans trop comprendre pourquoi, obligeant un petit retour arrière pour être sûre d’avoir compris. Il suffit de bien être attentif. Cependant ceci n’est que détail et n’enlève rien à la richesse de ce livre.

Ce roman est un coup de coeur pour moi.

coup de coeur

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