Au royaume d’Asoutchi

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Au royaume d’Asoutchi

Pavoumi n’avait pas encore fini son périple et était encore loin d’y parvenir. Mais ce n’était pas un problème pour lui, il aimait ça, il était fait pour ça. Depuis 10 000 ans déjà il parcourait le monde entier dans son beau carrosse volant, comme il s’amusait à l’appeler. Parce qu’en effet il avait toujours un temps imparti pour pouvoir mener à bien sa mission. Il était en sécurité tout là-haut et pouvait penser; à chacune de ses transitions dans les nuages, aux améliorations qu’il pouvait apporter à ses versets de poésie inhérents à sa tâche. Il était hors de question d’en faire des antiennes, ce qui pourrait évidemment venir à le lasser lui-même.

Il avait ce visage chaste qui collait parfaitement au don dont il avait hérité. Il était question de clairsemer ici et là le monde de la providence. Celle-ci concernée l’alchimie amoureuse entre deux êtres. Cela aurait pu sembler paradoxal, mais il fallait une personne complètement hors de toute connaissance en la matière pour pouvoir cerner au mieux une sincérité et une complémentarité d’âme. Pavoumi étant un enfant de 8 ans à jamais au royaume d’Asoutchi, il était naturellement doué pour cette pratique et n’avait pas besoin d’artifices pour être le champion dans l’exercice. C’est d’ailleurs bien pour cela qu’il l’était depuis si longtemps.

Il avait pu voyager partout, voyant toutes cultures et monuments, de la civilisation Chavin aux romains, du sphinx de Gizeh en Egypte à la grande muraille de Chine. Toutes ces apprentissages lui dressait le poil d’excitation. C’était une alternance d’euphorie juvénile et de minutie mature, qui le rendait parfait dans sa robe, sa blouse faite pour son rôle de distributeur de coeurs, d’amour – qu’il devait d’ailleurs toujours porter selon les convenances mais …. Pavoumi se sentait comme un histrion, un bouffon, lorsqu’il était affublé de cette « mesquine horreur » selon ses mots. Il soupçonnait d’ailleurs sa soeur Dalaglaé d’avoir influencé leur père de l’accoutrer de la sorte. Peu importait, ce n’est pas pour autant qu’il avait renoncé, il excellait et excellerait toujours.

C’était ce que sa vie d’immortel lui avait donné : sa jeunesse éternelle et son don de clairvoyance. Il aidait les humains à trouver leur bonheur. Pavoumi était heureux, heureux dans son carrosse à parsemer le monde de coeurs.

Ceci est ma participation au défi d’écriture d’Oliviarécolte 79 : alchimie, blouse, histrion, carrosse, amélioration, sécurité, évidemment, poésie, don, chaste, convenance, antienne, alternance, champion, romain, robe, sphinx, poil.

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