Un automne sacré… avant qu’ils ne se disent oui.

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Ce récit est la suite du premier texte Un automne sacré (cliquer dessus pour y accéder)

Dernier paragraphe : Au petit matin Léandrie ouvrit les persiennes et observa devant elle cette vue magnifique, des érables parés de leurs plus belles couleurs dans le calme de cet automne marital. Elle aimait par dessus tout la nature et ce qu’elle offrait. Elle huma à pleins poumons cet air si frais en cette campagne tandis qu’Esteban se glissa derrière elle pour l’enlacer et profiter avec elle de cette première matinée d’époux…

Dans les bras protecteurs de son mari, elle se remémorait cette belle journée passée, celle de leur union…

Elle avait voulu, avant que la cérémonie ne commence, s’accorder cette parenthèse silencieuse et venir parler à sa mère. Elle déposa sur sa pierre un bouquet d’ancolies, ces fleurs qu’elle affectionnait tant et qu’elle avait, avec beaucoup de goût, arrangées dans son jardin. Cette mère, aujourd’hui, reposait en paix après une succession d’épreuves, la maladie ne l’avait pas épargnée, elle voulait l’abattre… Elle avait réussi. Dans sa tête ses souvenirs ne cessaient de défiler, des flashs d’une vie heureuse auprès de ses parents, cette mère si affectueuse, si aimante, une femme admirable pleine de douceur et de force, de joie et coutumière d’une foule d’attentions.

Ses yeux commençaient à piquer, il était temps pour elle de rejoindre l’attelage qui la mènerait à l’église, petite calèche guidée par deux superbes chevaux blancs. Léandrie était d’une grande beauté, sa robe immaculée la sublimait. Elle portait sa main à son coeur,  serrant son bouquet de roses, le sourire aux lèvres, impatiente d’enfin franchir cette étape ultime à ses yeux, c’était le cheminement logique. Esteban, dans son costume, était beau et élégant comme elle l’avait imaginé, son sourire chaleureux la raviva de cet éclat, le joyau d’un époux conquis.

Toute une ribambelle de costumes et de robes magnifiques étaient alignés devant ce monument, un carnaval d’élégance. Tous les regardèrent descendre, des acclamations brisèrent le silence de l’admiration. L’atmosphère de cette journée embaumait de ce bonheur débordant, de cette profusion de joie et de gaieté. Nous étions loin du cortège funèbre qui avait foudroyée Léandrie de toute cette peine quelques mois auparavant. Là où, dans ce passé morbide avait régné la tristesse bleutée et froide, là où, tout le chagrin de son âme et son corps s’était déversé, débordaient aujourd’hui des larmes d’amour, de satisfaction, d’émotion positive perlant sur son visage.

La vie est ainsi faite, qu’en même lieu, en même place mais à des époques différentes, on puisse passer des larmes joyeuses aux larmes mornes, des sanglots d’affres aux rires du renouveau, d’une vie promesse d’amour et de chaleur à un froid glacial et noir. Tout comme, en un même instant mais en des endroits différents sont vécus des moments de bonheur ainsi que des moments d’intense désarroi, de misère et de douleur.

Nous ne pouvons manifester que notre profond sentiment d’injustice, mais c’est la vie. Serait-elle si précieuse si elle n’était pas fragile et versatile, faite de chemins inattendus ? Léandrie était heureuse en ce jour merveilleux même si l’absence de sa mère pouvait lui peser, elle savait qu’elle était là, tout près d’elle, elle sentait la chaleur de son amour. Tout rayonnait autour d’elle comme si l’ange brillait de toute son âme.

Ils marchèrent alors, ensemble comme ils l’avaient décidé, vers cet homme qui allait célébrer leur union, le même homme d’église qui jadis baptisa Esteban, puis Léandrie trois ans plus tard…

Ceci est ma participation au jeu d’écriture d’Asphodèle  « Les plumes », organisé pendant les vacances pour prendre la suite d’Olivia « Des mots, une histoire ». Les mots imposés sont les suivants : abattre, acclamation, admirable, funèbre, larme, ribambelle, cheminement, fleur, manifester, foule, costumes, rose, atmosphère, succession, carnaval, piquer, embaumer, attelage, ancolie, cérémonie, tête, défiler, bleuté.

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