Serge Joncour – L’amour sans le faire (rentrée littéraire 2012 PriceMinister)

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Aujourd’hui je vous présente un livre, « L’amour sans le faire » de Serge Joncour aux éditions Flammarion, que j’ai reçu dans le cadre des matchs de la rentrée littéraire 2012 chez PriceMinister.

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Biographie (Wikipédia) :

Comme l’écrit son premier éditeur, Le Dilettante :

« il est né un jour de grève générale. On lui en a longtemps fait le reproche. Depuis, il continue sur sa lancée. Très tôt il est allé à l’école, puis par la suite, il en est sorti. Il a passé son enfance entre Paris, la Nièvre, l’Eure-et-Loir et le Valais suisse (sic). Il a commencé des études de philosophie alors qu’il voulait faire nageur de combat. »

Serge Joncour pratique différents métiers avant se de lancer dans l’écriture (publicité, maître nageur). Il publie son premier roman, Vu, en 1998 au Dilettante. Puis, il a obtenu le Prix France Télévisions en 2003 pour U.V. (adapté au cinéma en 2007 sous le même titre U.V.).

En l’an 2005, il a reçu le Prix de l’Humour noir Xavier Forneret pour son livre L’Idole.

Il a écrit le scénario du film Elle s’appelait Sarah, d’après le roman éponyme de Tatiana de Rosnay, avec Kristin Scott Thomas, sorti au second semestre 2010 sur les écrans en France, Benelux, Espagne et Australie. Lancé aux États-Unis en juillet 2011, il est le film étranger qui remporte le plus grand succès au Box-office pour l’année en cours, et au total il se classe 5e des films français de tous les temps, sortis aux États-Unis.

Il est aussi, avec Jacques JouetHervé Le TellierGérard Mordillat et bien d’autres artistes et écrivains, l’un des protagonistes de l’émission de radio Des Papous dans la tête de France Culture.

Son roman L’Idole fait, en août 2012, l’objet d’une adaptation cinématographique réalisée par Xavier Giannoli. Le film, intitulé Superstar, met en scène Kad Merad et Cécile de France. Il s’agit de l’histoire d’un homme qui devient célèbre sans savoir pourquoi.

Quatrième de couverture :

Après dix ans de silence, Franck téléphone un soir à ses parents. Curieusement, c’est un petit garçon qui décroche. Plus curieusement encore, il s’appelle Alexandre, comme son frère disparu des années auparavant. Franck décide alors de revenir dans la ferme familiale. Louise, elle, a prévu d’y passer quelques jours avec son fils. Franck et Louise, sans se confier, semblent se comprendre. « On ne refait pas sa vie, c’est juste l’ancienne sur laquelle on insiste », pense Franck en arrivant. Mais dans le silence de cet été ensoleillé et chaud, autour d’un enfant de cinq ans, « insister » finit par ressembler à la vie réinventée.

L’amour sans le faire, c’est une histoire de la tendresse en même temps qu’un hymne à la nature, une nature sauvage, imprévisible, qui invite à changer – et pourquoi pas à renaître.

Mon avis :

Nous sommes avec Franck, qui a toujours voulu s’éloigner de la campagne et qui l’a fait par le biais de ses études, alors que son frère, lui, aimait cette vie et avait décidé de prendre la succession. Louise vit à la ville mais ne l’aime pas car elle la trouve trop impersonnelle et se voit harcelée par un ex.

Franck décide de retourner voir ses parents à la ferme après 10 ans d’absence et Louise y va pour une semaine de vacances. Nous parcourons avec eux leurs vies et leurs souvenirs… et allons à la découverte de ce présent inattendu.

C’est un roman humble, sans prétention, réaliste, qui évoque deux âmes perdues dans leur vie et qui vont se trouver sur le même chemin, à ce moment de leur vie plongée dans un néant et qui semble sonner comme une renaissance, grâce aussi à ce petit garçon, plein de vie et de spontanéité.

J’ai adoré ce livre qui est d’une belle écriture, empli de poésie. On se laisse bercer par cette histoire qui nous plongent dans le vide d’une vie qu’on peut tous ressentir comme tel à un moment donné, dans des souvenirs d’enfance aux couleurs de nostalgie, dans des incompréhensions au sein d’une famille qui se voûte sous les non-dits, dans un travail qui n’en est plus un, dans des relations de bienveillance entre collègues soumis au même devenir et à la même incertitude, dans le chagrin fruit d’un deuil. Et pourtant la vie peut tourner, au contact d’une ou plusieurs rencontres, pouvant laisser s’entrevoir l’espoir d’une vie nouvelle, qui sait …

Cet ouvrage, par sa simplicité dans l’histoire mais aussi sa complexité au travers des relations humaines difficiles qu’il évoque et des sentiments intimes profonds incontrôlables, nous ouvre les portes de la solitude, du mal être personnel, des relations conflictuelles au sein d’une famille mais aussi et surtout de l’amour, de l’entraide, de l’insouciance de l’enfance, des sentiments, de la beauté de la nature et de l’espoir, essentiellement de l’espoir. Savoir se retrouver, savoir revivre, savoir oser.

Je vous conseille ce livre qui est d’une beauté sans fioritures, sobre, sans rebondissements intenses peut-être, mais là n’en est pas le but.

Quelques extraits :

« Ne pas pouvoir s’aimer, c’est peut-être encore plus fort que de s’aimer vraiment, peut-être vaut-il mieux s’en tenir à ça, à cette haute idée qu’on se fait de l’autre sans tout en connaître, en rester à cette passion non encore franchie, à cet amour non réalisé mais ressenti jusqu’au plus intime… »

« Souvent il suffit de gommer pas mal de pesanteur, de détresse, ou de désillusion pour retrouver le visage du môme sous celui de l’adulte ».

« La vitesse est une folie qui résout pour un temps la question de la peur, en roulant à fond, sa peur on la décide, on la repousse de plus en plus loin, quand elle vient de soi, la peur, pour le coup elle n’effraie pas, on la contrôle, d’un simple mouvement du poignet, on l’attise ou on l’éteint ».

« Dans l’amour il y a bien plus que la personne qu’on aime, il y a cette part de soi-même qu’elle nous renvoie, cette haute idée que l’autre se fait de nous et qui nous porte ».

« Elle y retrouvait un peu de cette magie de l’enfance, une insouciance dans laquelle on se sent protégé du monde ».

« L’enfance, c’est ce territoire juste là, intact mais parfaitement inatteignable, à moins de fermer un peu les yeux, de s’assoupir dans le parfait coton d’un parfum retrouvé ».

« Alors ils attendirent que le jour baisse lentement, que tombe le prodigieux rideau sur cette journée passée ensemble, une journée de trois fois rien, mais riche pourtant, une journée décisive pour Alexandre, qui s’initia au vice de voir le monde au travers des images qu’on en fait ».

Ma note pour ce match : 20/20 (parce que j’ai aimé la sobriété du livre, l’écriture et le message d’espoir)

Et je voulais remercier PriceMinister et Oliver Moss pour leur confiance.

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