Keigo Higashino – La maison où je suis mort autrefois

By

La maison où je suis mort autrefois

Biographie :

Keigo Higashino est né en 1958 à Osaka. Auteur de nombreux romans, il est une des figures majeures du polar japonais. Il a notamment reçu le prix Naoki pour Le dévouement du suspect X (Actes sud 2011), ainsi que le prix Polar international de Cognac pour La maison où je suis mort autrefois (Actes sud, 2010).

Quatrième de couverture :

 Sayaka Kurahashi va mal. Mariée à un homme d’affaires absent, mère d’une fillette qu’elle maltraite, elle a déjà tenté de mettre fin à ses jours. Et puis il y a cette étonnante amnésie : elle n’a aucun souvenir avant l’âge de cinq ans.

Quand, à la mort de son père, elle reçoit une enveloppe contenant une énigmatique clef à tête de lion et un plan sommaire conduisant à une bâtisse isolée dans les montagnes, elle se dit que la maison recèle peut-être le secret de son mal-être et décide de s’y rendre, en compagnie de son petit ami. Ils découvrent une construction apparemment abandonnée, où toutes les horloges sont arrêtées à la même heure. Dans une chambre d’enfant, ils trouvent le journal intime d’un petit garçon et comprennent peu ^peu que cette inquiétante demeure a été le théâtre d’évènements tragiques…

Dans ce roman étrange et obsédant, Keigo Higashino explore – d’une écriture froide, sereine et lugubre comme la mort – les lancinantes lacunes de notre mémoire, la matière noire de nos vies, la part de mort déjà en nous.

Mon avis :

Alors je ne vais pas en dire plus sur l’histoire que la quatrième car elle est déjà très bien réalisée, et en dire plus serait bien dommage pour la découverte de ce roman, que j’ai beaucoup aimé. Il faut cependant préciser qu’il y a une erreur car ce n’est pas son petit ami qui l’accompagne mais son ex petit ami, avec qui elle a eu une relation pendant 6 ans il y a 7 ans, du lycée à la quatrième année d’université. J’ai lu la moitié du livre (254 pages en poche pour le livre complet) dès le premier jour de lecture et j’ai eu beaucoup de mal à ne pas le lire d’une traite tellement l’auteur sait nous tenir en haleine et tient un suspens continuel. Mais sommeil oblige, j’ai bien dû remettre à plus tard…

Je me suis retrouvée dans une ambiance « étrange et obsédante », c’est tout à fait ça. Le fait que l’histoire se déroule presque pendant tout le roman dans cette maison, donc à huit-clos, avec seulement deux personnes, un mauvais temps et des souvenirs qui reviennent par bribes, vous plonge forcément dans une ambiance particulière, mais pas oppressante. Et c’est intéressant car tout ce roman est basé sur les déductions du narrateur et de Sayaka. Il se trouve que parfois elles sont justes mais parfois elles nous emmènent à l’opposé de la réalité. Alors où se situe la vérité ? Tout un cheminement est alors effectué, d’après les objets trouvés dans la maison, les observations et la mémoire qui peu à peu de nébuleuse devient éclairée.

A plusieurs reprises ils doivent partir de la maison pour aller déjeuner puis dormir et ne revenir que le lendemain, mais non, Sayaka ne peut se résigner à quitter les lieux avant de savoir, et nous aussi, nous voulons savoir ! Elle souffre tant de ce trou béant dans sa mémoire et de son comportement avec sa fille. De trouver son passé lui fera surement trouver des réponses quant à la réalité de sa relation avec Miharu, sa fille. C’est absolument incroyable de voir à quel point notre mémoire est sélective et qu’il est parfois très compliqué et difficile psychologiquement de la recouvrer. Nous faisons notre vie avec des morceaux de nous que nous laissons à certains endroits par choix ou par obligations.

Je vous conseille ce roman car l’écriture est très agréable, le style de l’auteur est excellent et l’ambiance inquiétante mais envoûtante. Le dénouement y est étonnant et impensable, tout ce qui fait un très bon polar. Une belle intrigue mais ici ce n’est pas une enquête policière, juste les recherches et les investigations de ces deux personnes, ce qui rend plus intime la lecture de ce roman.

Un extrait :

« De l’autre côté de la route, face à la station-service, s’étendait le parking gratuit du lac de Matsubara. J’y garai la voiture et coupai le moteur. La pluie frappait violemment le pare-brise. La radio FM crachait un morceau de Kenny G., « Going Home ». Je baissai un peu le volume et j’attendis que Sayaka se décide à parler. 

A la fin du morceau, elle prit la parole :

– Ma fille s’appelle Miharu, pour « beauté épanouie ».

– Miharu, ai-je répété en traçant les caractères chinois dans le vide avec mon doigt. C’est un joli nom.

– C’est mon mari qui l’a choisi. Depuis longtemps il s’était dit que, s’il avait une fille, il l’appellerait Miharu.

– Il y a des types comme ça, qui ont ce genre d’idée, remarquai-je en souriant. Elle doit être mignonne.

– C’est ce que je pense le plus souvent.

– Le plus souvent ?

– Oui, parce que, de temps en temps, je me dis que ce serait mieux si elle n’existait pas. »

Cette lecture rentre dans le cadre des challenges suivants :

Challenge Ecrivains japonais chez Adalana

ecrivains-japonais

Challenge Thrillers et polars chez  Liliba.

polar et thriller

Challenge ABC Babelio 2012/2013

critiquesABC2013

Mon challenge « A tous prix » pour le prix polar international en 2010

A tous prix

Publicités