Mes lectures de février 2013

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ce mois j'ai lu

Ce mois-ci fut encore consacré à de belles découvertes avec 9 livres lus dont 4 coups de coeur et aucune déception. Alors voici mes livres du mois de février, avec pour chacun une (ou deux) citation(s) qui m’aura(ont)  marquée. Comme toujours, il suffit de cliquer sur la couverture pour en lire la chronique.

Ce mois-ci j’ai lu …

… des livres coup de coeur :

la mort du roi tsongor

La mort du roi Tsongor

« Samilia n’acheva pas sa phrase. Souba déjà l’étreignait de toutes ses forces. Les pleurs coulaient sur leurs visages. Et comme un fleuve en crue qui déborde      de son lit et annexe, petit à petit, les ruisseaux alentour, ainsi, les larmes coulèrent dans le clan Tsongor, de Samilia à Souba, de Souba à Sako, de Sako à Liboko. Tous pleuraient, en souriant. Ils se regardaient les uns les autres, comme pour conserver à jamais dans leur esprit les visages de ceux qu’ils aimaient. »

« J’ai connu moi aussi, plus d’une fois, la douleur de la perte. Je sais le voluptueux vertige qu’elle procure. Il faut te faire violence et déposer le masque de pleurs à tes pieds. Ne cède pas à l’orgueil de celui qui a tout perdu. »

soieSoie – Alessandro Baricco

« Mille fois il chercha ses yeux, et mille fois elle trouva les siens. C’était comme une danse triste, secrète et impuissante. Hervé Joncour la dansa très avant dans la nuit puis se leva, dit quelque chose en français pour s’excuser, se débarrassa comme il put d’une femme qui avait décidé de l’accompagner, et en s’ouvrant un chemin au milieu des nuages de fumée et des hommes qui l’apostrophaient dans leur langue incompréhensible, il partit. Avant de sortir de la pièce, il regarda une dernière fois vers elle. Elle était en train de le regarder, de ses yeux parfaitement muets, à des siècles de là. »

« C’était au reste un de ces hommes qui aiment assister à leur propre vie, considérant comme déplacée toute ambition de la vivreOn aura remarqué que ceux-là contemplent leur destin à la façon dont la plupart des autres contemplent une journée de pluie. » 

la mer, le matin

 La mer, le matin – Margaret Mazzantini

« Chaque fois qu’elle rentrait dans l’eau, elle nageait vers le large. (…) Elle regardait la côte derrière elle, cette ville industrielle, sans coucher de soleil. On aurait dit une représentation de la mort, du monde après la fin du monde. Pas même l’écho d’une voix, rien que des cheminées d’usines. Elle plongeait vers le fond, elle traversait sans crainte les bancs d’algues, aussi macabres et visqueuses que des bras ensevelis. Elle avait de longues palmes bleues avec des flammèches orange. Elle croyait pouvoir gagner Tripoli à la nage. Sortir de l’eau, mi-poisson, mi-femme, comme dans le conte de la Petite Sirène; rester aux alentours de la ville des caroubes et de la chaux pour y chanter son chant clandestin. »

« Sauver celui qui va t’assassiner, c’est peut-être ça la charité. Mais ici-bas personne n’est un saint. Et le monde ne devrait pas avoir besoin de martyrs, seulement d’une grande égalité ».

geaiGeai – Christian Bobin

« C’est une vieille loi du monde, une loi écrite : celui qui a quelque chose en plus a, dans le même temps, quelque chose en moins. Albain a quelque chose en plus, il voit Geai. (…) Le monde est quelque chose qu’Albain a en moins : il n’y trouve pas sa place. Il l’a cherché longtemps jusqu’au jour où il a compris qu’il n’en a jamais eu. »

« Il y a le monde, puis le gros et enfin le maigre. Le monde fait souffrir le gros qui a son tour fait souffrir le maigre. La vie ressemble à un film de Laurel et Hardy. Une chaîne de douleurs reçues et puis transmises. Qu’est-ce que vous voulez que je fasse là-dedans ? Rien dans cette histoire ne m’intéresse. Je n’aime pas les gros teigneux ni les maigres geignards. Je préfère le sourire de Geai ou l’étincelle dans les yeux de ma mère quand elle revient de Lyon. Je préfère ce qui n’est pas dans le monde, ce qui flotte légèrement au-dessus, je préfère ne pas entrer dans le monde et rester sur le seuil – regarder, indéfiniment regarder, passionnément regarder, seulement regarder.« 

… des livres que j’ai beaucoup aimés :

un lac immense et blanc Un lac immense et blanc – Michèle Lesbre

 « C’est un étrange souvenir. Je ne pleurais pas seulement sur la mort de Laura Betti, je pleurais sur l’effacement insidieux des êtres et d’une époque qui peu à peu se délitait. Cette femme incarnait de façon inattendue, à travers sa disparition et tout ce que j’apprenais d’elle, toute une période de ma vie désormais enfouie. J’étais tout à la fois ailleurs et personne dans cette ville, ce n’est qu’au bout de quelques jours que j’ai su lire, dans les regards que je croisais, mon immense et nouvelle liberté. »

« (…)j’ai pu, lors de ce séjour, apprivoiser la solitude, aimer le silence de ma chambre et pacifier une relation douloureuse avec le temps. J’avais l’étrange sentiment de vivre avec elle comme avec une personne, dans une sorte de tranquille abandon. C’était une véritable rencontre. » 

purge Purge – Sofi Oksanen

« Sa fille grandirait dans des histoires où rien n’était vrai. Aliide ne pourrait rien raconter sur l’endroit où elle-même avait grandi, et sa mère, et la mère de sa mère, et la mère de la mère de sa mère. Elle ne transmettrait pas non plus son histoire, mais les autres, toutes celles sur lesquelles elle avait grandi. Quel genre d’adulte pourrait-il devenir, un enfant qui n’aurait pas d’histoires en commun avec sa mère, pas d’anecdotes communes, pas de blagues ? Comment être mère quand il n’y avait personne à qui demander conseil, comment ça pourrait marcher dans une situation pareille ? »

« Les hirondelles étaient déjà parties, mais les grues traversaient le ciel en pointe, le cou tendu. Leurs cris pleuvaient sur le champ et faisaient mal à la tête d’Aliide. Elles pouvaient s’en aller, elles, libres qu’elles étaient de partir n’importe où. »

… des livres que j’ai aimés :

le testament d'un enfant mortLe testament d’un enfant mort – Philippe Curval

« En livrant au public la transcription intégrale de l’itinéraire qui a conduit un hypermaturé à la mort, je désire sensibiliser la race humaine à ce message de détresse. Ce chant désespéré de l’impuissance à vivre puise ses sources dans l’atonie mentale qui caractérise les hommes de notre temps, en attente d’un perpétuel devenir, d’une métamorphose, d’une mutation qui tarde à se manifester. Placé dans une situation où il ne peut exprimer ni son identité ni son originalité, réduit au sort horrible qui lui confère l’anonymat, en raison de la surpopulation mondiale, l’être humain se replie dans une position d’attente insupportable et retourne son agressivité contre lui-même. C’est la rencontre avec cet état psychotique qui conduit les nouveaux-nés les plus sensibles à devenir hypermaturés. »

traquéesTraquées – Michael Robotham

« Il m’a dit un jour que le truc à faire dans les affaires criminelles violentes, c’est de se concentrer sur un suspect, et non sur la victime. Je suis d’un avis contraire. En connaissant la victime, je découvre le suspect. Un meurtrier n’est pas toujours cohérent dans ses actes. Les circonstances, les évènements altéreront ce qu’il dit, ce qu’il fait. On peut en dire autant de la victime. Comment a-t-elle agit sous la pression . Qu’a-t-elle dit ? »

« Je me souviens de la première fois où je me suis introduit dans une maison par effraction. C’était à Osnabrück, en Allemagne, à quatre-vingts kilomètres environ au nord de Dortmund. La maison appartenait à un aumônier de l’armée qui conseillait ma femme ; il venait la voir pendant que je n’étais pas là. J’ai laissé le chien dans le congélateur, dans la baignoire et dans la machine à laver. »

la ballade de l'impossibleLa ballade de l’impossible – Haruki Murakami

« Eh bien, cela lui arrive de temps en temps, me répondit-elle en observant cette fois-ci sa main gauche. Elle est comme ça de temps en temps. Elle s’énerve et elle pleure. Mais ce n’est pas grave en soi. Puisqu’elle exprime ses sentiments. C’est quand on ne peut plus le faire que cela devient dangereux. Alors, les émotions s’accumulent à l’intérieur du corps et se durcissent. Toutes sortes de sentiments se figent et meurent à l’intérieur du corps. Et c’est terrible. »

« Naoko s’assit à mes côtés sur le sofa et s’appuya sur moi. Je passai mon bras autour d’elle, et elle vint poser sa tête sur mon épaule, collant son nez contre mon cou. Et elle resta ainsi immobile, comme si elle voulait prendre ma température. A l’avoir ainsi dans mes bras, je sentais mon coeur s’enflammer pour elle. Elle se leva bientôt sans rien dire et sortit aussi discrètement qu’elle était entrée. »

Aucun livre pour ce mois que je n’ai pas aimé. Je vous donne rendez-vous le mois prochain pour le bilan de mars ! Bonne journée 😀

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