Mes lectures de mars 2013

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bilan mensuel

C’est l’heure du bilan du mois de mars et je dois dire qu’il est encore meilleur que celui du mois dernier, avec un coup de coeur supplémentaire pour autant de lectures ! 9 livres lus et 5 coups de coeur, le dernier en date n’étant pas encore chroniqué. Je suis satisfaite car je fais de bons choix en ce moment et j’espère que cela va durer. Cependant j’aurais pu lire plus mais j’ai été ralentie par les virus… Un peu frustrant je dois dire…

Je vous présente mes lectures comme à l’habitude, soit avec une ou deux citations. Cliquez sur la couverture pour en lire la chronique.

Ce mois, j’ai lu …

… des livres coups de coeur :

les demeuréesLes demeurées – Jeanne Benameur

« Le savoir ne les intéresse pas. Elles vivent une connaissance que personne ne peut approcher. Qui était-elle, elle, pour pouvoir toucher à cette merveille ? Comme elle a été naïve de croire qu’elle pouvait apporter à un être quelque chose de plus ! La petite est comblée. De tout temps comblée et si elle l’ignorait, en la faisant venir ici, dans cette école, elle le lui a appris. C’est la seule chose qu’elle lui ait enseignée sans le savoir : une douleur et un bonheur intense. Savoir qu’on manque à quelqu’un, que quelqu’un nous manque. »

nos cheveux...Nos cheveux blanchiront avec nos yeux – Thomas Vinau

« Il y a ceux qui viennent visiter les décombres et ceux qui tentent de les fuir. Personne n’a l’air de se sentir vraiment chez lui. Walther a juste envie de se sentir chez lui ».

« La petite musique des gouttes est la bande-son parfaite d’un aujourd’hui qui dégringole avant même d’avoir commencé. Je n’ai aucune confiance en mes jérémiades. Je me méfie de moi et de mes recoins nauséeux. Des coups de pied au cul. Des éclats de rire de bébé. De l’eau froide dans la nuque. Du jus d’orange. Ton sourire ridiculise ma peur. Malgré tout, je trempe un orteil dans ma flaque. Par habitude de me dissoudre. Mais pas plus. Je n’y plongerai pas. Elle n’est plus assez grande pour moi. »

la ballade de Lila kLa ballade de Lila K – Blandine Le Callet

« – Non, c’est inamovible. Indélébile. Là réside tout l’intérêt : avec le livre, tu possèdes le texte. Tu le possèdes vraiment. Il reste avec toi, sans que personne ne puisse le modifier à ton insu. Par les temps qui courent, ce n’est pas un mince avantage, crois-moi, a-t-il ajouté à voix basse. Ex libris veritas, fillette. La vérité sort des livres. Souviens-toi de ça : Ex libris veritas. »

« Le placard s’entrouvre, elle dépose la boîte et la bouteille d’eau, referme le panneau. La porte d’entrée claque, elle est partie. Je rampe vers la boîte, j’y enfonce les doigts que je porte à ma bouche. Je mange. Je me remplis en pensant à ma mère. Je ne suis pas très loin de la félicité. Lorsque tout est fini, je me laisse glisser doucement dans la torpeur du noir, la tiédeur du ciment, le glouglou des tuyaux. Je suis comme dans un ventre, vivant et protecteur, qui m’accueille et me berce. Je ne voudrais pas en sortir. »

un assassion blanc comme neigeUn assassin blanc comme neige – Christian Bobin

 » Un jour les incessantes femmes d’affaires rencontrent quelque chose qui les arrache à leur modernité précautionneuse, défait sans douceur les bandelettes du chic et du lisse et confie à l’air pur l’immémoriale blessure d’enfance ».

« Je vais chercher mon pain, mes nuages et mes étoiles dans l’unique librairie du Creusot. L’acacia au bas de la rue du Guide surgit comme un donateur fou. Son haleine sent le miel et l’or. »

« Lire, c’est ajouter au livre, découvrir, en s’y penchant, son propre visage dans la fontaine de papier blanc. »

glacéGlacé – Bernard Minier

« Ils roulèrent à travers un paysage pétrifié de hautes sapinières impénétrables et de tourbières gelées prises dans les méandres de la rivière. Au-dessus d’eux se levaient, formidables et gris, les flancs boisés de la montagne. Puis la vallée se resserra encore. La forêt surplomba la route qui surplomba le torrent, tandis qu’à chaque virage ils voyaient devant eux les grandes racines des hêtres mises à nu par les affouillements du talus. »

« Il tombait une pluie fine et il n’avait pas de parapluie, mais il accueillit cette pluie comme une bénédiction. Il lui sembla qu’elle le lavait de l’ordure dans laquelle il baignait depuis plusieurs jours. »

… des livres que j’ai beaucoup aimés :

sur la pointe de motsSur la pointe des mots – Marie France Versailles

« Je voudrais simplement, avant de m’en aller, avant de céder le passage, être cette femme occupée à chercher les mots qui relient. Les laisser venir, préférer le vrac, accueillir sans les brider les souvenirs et les émotions qui s’y mêlent et y jettent leurs couleurs. On n’écrit bien que quand on est habité. Chercher dans un décor changeant des permanences, un fil qui sent bon le chez-soi, le familier et l’avenir. L’à venir. »

« Devant un nouveau-né, on se dit qu’on ne pourrait au grand jamais lui faire rebrousser chemin et retourner là d’où il vient. Les mots aussi éclosent. Et, une fois lâchés, ne remontent pas à leur source. L’écriture est une naissance permanente. Comment se fait-il qu’elle fut si longtemps interdite aux femmes, plutôt expertes en mise au monde ? »

je la voulais lointaineJe la voulais lointaine – Gaston-Paul Effa

« Je m’élevais enfin, mais sans perdre mon poids, en le retrouvant plutôt, ce n’était pas la pesanteur, mais la plénitude. »

« Je me demandais si j’avais encore des racines ou si elles étaient bien miennes. Mon crime, c’était d’avoir renié mes origines ou d’avoir cru – c’est la même chose – les avoir reniées. D’avoir cédé à la vieille fascination pour l’Europe, comme ces exilés qui se souviennent et que la réalité de leur terre ne cessera de hanter. »

« Toute la misère humaine, quand on la touche, est comme une bête qui inspire une répulsion qu’il faut que le coeur endure et surmonte, s’il le peut ».

… des livres que j’ai aimés, sans plus :

La piscine la grosses les abeilles La piscine * Les abeilles * La grossesse – Yôko Ogawa

 3 courts romans donc je vous donne 3 citations, une par récit :

« Ses sanglots si violents qu’ils faisaient craindre une quelconque rupture à l’intérieur de son corps, assouvirent mon « sentiment de cruauté ». J’espérai intensément la voir pleurer encore plus. J’étais d’autant plus heureuse que je pouvais, comme ce jour-là, goûter pleinement ces sanglots pour moi toute seule, et que personne l’était présent pour la prendre dans ses bras afin de la consoler et de faire cesser ces sanglots, et enfin parce qu’il s’agissait d’un bébé à qui on ne pouvait rien expliquer. » La piscine

« Il avait terriblement grandi. La ligne élancée de sa nuque, de ses doigts et de ses bras se fixa pour longtemps au fond de ma rétine. Les muscles soutenaient harmonieusement cette ligne. Mais ce fut sa manière de sourire qui m’impressionna le plus. Il souriait discrètement, tête baissée, l’index de la main gauche effleurant la monture argentée de ses lunettes. Son souffle léger s’échappait faiblement par les interstices de sa main gauche. C’était bien un sourire, mais sous les cils, on aurait dit un soupir déchirant. Je finis par garder mes yeux fixés sur lui, pour ne pas perdre le moindre mouvement expressif à chaque fois qu’il souriait. » Les abeilles

« Le jardin était occupé par une pelouse bien entretenue sur laquelle nous aimions nous rouler. Les extrémités vertes des brins d’herbe et le soleil étincelant entraient tour à tour dans notre champ de vision. La couleur verte et le scintillement se mélangeaient progressivement au fond de mes yeux jusqu’à devenir d’un bleu pur. Alors le ciel, le vent et la terre s’éloignaient soudain, et arrivait le moment où je me retrouvais flottant dans l’espace. J’aimais beaucoup cet instant. » La grossesse

lame de fondLame de fond – Linda Lê

Livre audio : je n’ai donc pas relevé de citation, je vous délivre la quatrième de couverture.

Je n’ai jamais été bavard de mon vivant. Maintenant que je suis dans un cercueil, j’ai toute latitude à soliloquer. Depuis que le couvercle s’est refermé sur moi, je n’ai qu’une envie : me justifier, définir mon rôle dans les évènements survenus, donner quelques clés pour comprendre les tenants et les aboutissants de ce qui n’est qu’un fait divers. Je n’ai pas un penchant au regret, mais il me faut faire mon examen de conscience, si inutile qu’il soit désormais. {quatrième de couverture}

Je suis ravie de ce bilan et espère avoir pour le mois d’avril un nombre de lectures plus élevé, tout en gardant le même nombre de coups de coeur, pourquoi pas ! 😉

Bonnes lectures à tous et toutes et au mois prochain pour un nouveau bilan.

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