Ma liberté

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J’avais envie de cette parenthèse dans ma vie. Là où je pourrais enfin décider de ma débauche. Loin de la pureté de l’enfance, de la blancheur des draps de flanelle, de ce cocon que ma mère avait créé avec amour. Mais ce qu’elle ne savait pas, c’est que le temps de la naïveté ne durerait pas. En tout cas, pas autant qu’il l’aurait fallu. Mon frère, ce diablotin, aura lui aussi cessé rapidement d’afficher cette insouciance et ce côté espiègle. Nous étions tous deux murés dans l’incompréhension, la douleur et la peur. Il était loin le temps de nos rires et de nos courses folles dans les champs. Là où nous chahutions avec candeur et gaieté. Le monde des adultes et sa perversité aura gagné sur nos sourires angéliques.

Personne n’aura été accusé. Personne n’aura été condamné. Personne n’aura payé. Le doute nous avait muselés. Le doute. Qu’avions nous fait pour l’attirer ? Où avions-nous fauté ? Si nous avions su que ce n’était pas notre faute. Si seulement nous avions su… Il aurait eu son compte bien avant de nous avoir quitté. Il fredonnait toujours cette même mélodie, cette mélodie que, pourtant, nous aimions tant. Cette mélodie qui voulait faire de ce mal quelque chose de doux et tendre. Je vomis, j’exècre. J’invective, je fulmine. Il me répugne.

Je le castre mille fois. Je lui arrache les yeux mille fois. Je hurle mille fois.

Je pleure. Je meurs. Tant de fois…

Maintenant, tout ça c’est bouclé,

Le mensonge aura longtemps duré.

La flaque de sang à ses pieds.

Le lâche. L’infâme. Il s’en est allé.

Et moi je suis dans cette suite fastueuse. Je prends aux hommes ce que je peux, tout en leur donnant ce qu’ils veulent.

L’argent contre mon corps,

Prenez-le je l’abhorre.

Mais au moins cette fois-ci,

C’est bien moi qui choisis.

Je ne peux plus me noyer

Je ne voudrais pas sombrer.

Ma revanche est la luxure

comme une profonde injure,

Que je lui jette en face

Pour enlever toutes traces

De ses immondes pattes

qui caressaient mes nattes

qui caressaient ma chair

et qui marquaient au fer.

Comme une appartenance

En plein coeur une lance.

Mon corps, ton corps, enfin il m’appartient.

Souiller par les autres, il n’est alors plus tien.

Ceci est ma participation aux Plumes d’Asphodèle, thème numéro 6 : Innocence. Les mots imposés sont les suivants : blancheur, doute, débauche, enfance, pureté, accuser, angélique, temps, diablotin, naïveté, mensonge, fredonner, fastueux, flaque.

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