Mes lectures de mai 2013

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Encore un mois qui se termine ! Mon bilan n’est pas trop mal même si j’ai eu un petit coup de mou à un moment donné et une lecture qui m’a laissé un goût amer… J’ai donc lu 9 livres, dont 2 coups de coeur. Je termine le mois par une très belle lecture de Jeanne Benamaeur Laver les ombres, livre que je n’ai pas encore chroniqué.

Cliquer sur les couvertures pour en lire les chroniques.

Ce mois, j’ai lu :

… des livres coup de  coeur :

la source cachéeLa source cachée – Hella S. Haasse

« Ce sont les parents qui ont marqué la maison de leur empreinte. Si l’esprit d’Eline hante les lieux, c’est à la dérobée et fugitivement, comme un enfant qui s’aventure dans un sanctuaire interdit. Mais la forêt est son domaine ; ici, où elle a mené un vie libre, loin des regards indiscrets, elle continue à exister. »

« Je voyais que la vie sur terre pour l’homme était souvent folle, maudite, mais elle me semblait soudain sublime par son caractère énigmatique. J’ai alors, pour la première fois, essayé de recourir à l’écriture pour formuler plus clairement mes réflexions. Chaque fois, je cédais à ce désir qui brûlait en moi, car j’avais l’impression en écrivant de me délivrer de mon doute. Dans les instants où, l’esprit tendu, je cherchais les mots et les images, je me sentais libre, soulagé. Je croyais que par la grâce de ce travail créateur, mon existence d’humain prenait un sens plus profond. Après un tel effort, je me trouvais dans un état d’euphorie. J’avais beau savoir qu’en fait rien n’avait changé, le monde m’apparaissait sous un jour nouveau, clarifié, purifié. »

la femme de l'allemandLa femme de l’Allemand – Marie Sizun

« Oui vous êtes heureuses toutes les deux, ta mère et toi ; heureuse d’un bonheur lumineux, singulier, bien à vous. Un bonheur si naturel qu’on ne penserait pas qu’il puisse s’arrêter. Pourtant, tu sens déjà, quelque part, comme une ombre. Tu as le vague sentiment que quelque chose peut arriver : une idée comme ça, une inquiétude indéfinie. Un peu comme la crainte qu’on a pour des bulles de savon, ces bulles merveilleuses, toutes dorées, que Fanny t’a appris à faire devant la fenêtre : tu sais qu’elles peuvent éclater l’instant d’après et ne rien laisser, que le souvenir d’un rêve. »

« Elle pleure. Et ces larmes qui sont la seule chose vivante de son visage, ces larmes qui coulent toutes seules, on dirait qu’elles emportent la vie. On dirait qu’elles vident Fanny de sa vie. On dirait que Fanny perd sa vie comme on perd son sang. »

… des livres que j’ai beaucoup aimés :

laver les ombresLaver les ombres – Jeanne Benameur

Chronique à venir 

« Parfaitement immobile, les mains croisées sur la poitrine, on dirait une morte. Ses cheveux sont dénoués. Longs, noirs, parfaitement coiffés. Elle est vêtue comme pour une fête d’une robe d’organdi blanche parsemée d’étoiles. Ses yeux sont fermés. Elle ne dort pas. Romilda s’essaie à disparaître. Vraiment. Elle imagine son corps de plus en plus resserré, elle absorbe par la pensée bras et jambes. C’est un exercice difficile. Elle veut se réduire. Concentrée, il faut respirer le moins possible. C’est une tentative d’amenuisement. Une de plus. Quand on ne peut pas réduire le monde, on se réduit soi-même/ Mais on ne disparaît pas si facilement. »

« Léa danse. Ses mouvements dans l’air trouvent leurs courbes exactes. Son corps est uni à l’espace. La beauté est là. Dans le souffle qui la relie à tout. Un moment de grâce. Impartageable. »

les mains nuesLes Mains nues – Simonetta Greggio

« Je pouvais passer des heures assise devant la fenêtre du salon à regarder dans le vide. Une branche qui jetait son ombre sur la façade, un bout de lierre décroché qui se balançait, suffisaient à me maintenir dans un état suspendu – un calme si intense que j’étais, un temps, débarrassée de moi-même et de tout souci. J’ai toujours eu, depuis, cette capacité à m’abstraire de ce qui m’entoure à la faveur d’un minuscule bonheur. C’est peut-être pour ça que je n’ai jamais été atteinte par le désespoir, par la suite. Je pouvais replonger à souhait dans cette paix un peu autistique et entendre à nouveau les Variations Goldberg que maman jouait si souvent. »

« Il y a des voix qui sont comme des corps. Troublantes, affolantes, ou au contraire apaisantes, consolatrices. Celle de ma maman, basse et sombre, avec ses roulés un peu italiens. Celle de papa, émouvante, rude, timide, hésitante par moments, s’arrêtant sur un mot dont il n’était pas sûr. Quant à celle de Raphaël, il me suffisait de fermer les yeux pour l’entendre. Certaines inflexions aussi chaudes que des caresses. Certaines paroles dont je ne pouvais me souvenir qu’en frissonnant. On ne peut pas se coucher les oreilles quand les voix viennent de l’intérieur. »

… des livres que j’ai aimés :

les diaboliquesLes Diaboliques – Barbey d’Aurevilly

« Lui, il eut, ce soir-là, la volupté repue, souveraine, nonchalante, dégustatrice du confesseur de nonnes et du sultan. Assis comme un roi – comme le maître – au milieu de la table, en face de la  comtesse de Chiffrevas, dans ce boudoir fleur de pêcher ou de… péché (on n’a jamais bien su l’orthographe de la couleur de ce boudoir), le comte de Ravila embrassait de ses yeux, bleu d’enfer, que tant de pauvres créatures avaient pris pour le bleu du ciel, ce cercle rayonnant de douze femmes, mises avec génie, et qui, à cette table, chargée de cristaux, de bougies allumées et de fleurs, étalaient, depuis le vermillon de la rose ouverte jusqu’à l’or adouci de la grappe ambrée, toutes les nuances de la maturité. »

« Elle avait les cheveux de la Nuit, – reprit Ravila, – mais sur le visage de l’Aurore, car son visage resplendissait de cette fraîcheur incarnadine, éblouissante et rare, qui avait résisté à tout dans cette vie nocturne de Paris dont elle vivait depuis des années, et qui brûle tant de roses à la flamme de ses candélabres. Il semblait que les siennes s’y fussent seulement embrasées, tant sur ses joues et sur ses lèvres le carmin en était presque lumineux ! »

le manuscrit retrouvéLe manuscrit retrouvé – Paulo Coelho

« Il n’y a ni victoire ni défaite dans le cycle de la nature : il y a du mouvement. (…) Quand le coeur de l’être humain comprend cela, il est libre. Il accepte sans peine les moments difficiles et ne se laisse pas abuser par les moments de gloire. »

« Et à ceux qui se sentent opprimés par la solitude, il faut rappeler ceci : dans les moments les plus importants de la vie, nous serons toujours seuls. »

« La plus destructrice de toutes les armes n’est pas la lance ou le canon – qui peuvent blesser le corps et détruire la muraille. La plus terrible est la parole – qui ruine une vie sans laisser de traces de sang, et dont les blessures ne cicatrisent jamais. Soyons donc maître de notre langue, pour ne pas être esclave de nos paroles. Même si elles sont utilisées contre nous, n’entrons pas dans un combat qui n’aura jamais de vainqueur. »

sur les traces des sans visage Sur les traces des sans visage – Elisa Frutier

« Les gestes qui, autrefois, les ont sauvés, aujourd’hui sont répétés. Les genoux craquent, les bras s’allongent pour soulever, enlacer une dernière fois ces petits corps musclés. Mais, cette fois, le corps du vieil homme bouge avec moins de facilité, comme s’il se souvenait des années envolées. Un dernier regard échangé. La pluie s’est mise à tomber, le vent s’est levé comme si la nature ne pouvait supporter les cris des deux enfants et les larmes d’un vieil homme fatigué. De nouveau la solitude a enlacé cette fratrie délaissée. Il n’y a plus de château pour se réfugier, ni de vieil homme pour être rassuré. Et les enfants s’endorment en gardant au fond d’eux la chaleur d’être deux. »

« Durant ces trois mois, je n’ai cessé de voir les enfants évoluer : de bêtes sauvages, ils sont passés à de jeunes chiots apprenant à marcher. Ils vont me manquer même s’ils m’en ont fait baver. Je suis tiraillée entre sentiment de culpabilité, d’abandon et de soulagement. Il y ces questions qui ne cessent de me tarauder : Est-ce que j’ai bien fait de venir ? Comment certaines situations sont-elles arrivées ? Et ce sentiment d’échec qui ne cesse de me ronger… »

… des livres qui m’ont laissée sur le bord de la route :

l'éternité n'est pas si longueL’éternité n’est pas si longue – Fanny Chariello

« Si je veux dormir dans un monde si décevant, je n’ai d’autre choix que de me raconter des histoires comme si j’étais mon propre enfant. »

« Je ne fais pas une dépression, le monde s’effondre. Je me permets d’y voir une nuance. »

« Le jour où la variole a frappé, je savais que l’humanité serait trop orgueilleuse pour y survivre. »

… des livres que je veux oublier :

bord de merBord de mer – Véronique Olmi

Je vous souhaite à tous et toutes un très bon mois de juin !! 😀

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