Jeanne Benameur – ça t’apprendra à vivre

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ça t'apprendra à vivre

1958, en Algérie. Une petite fille raconte. Avec une mère blonde et un père arabe, elle n’est pas comme tout le monde, elle le sent, et tout, à l’extérieur de la maison, est là pour le lui rappeler. Elle est bientôt arrachée au pays où elle est née, exilée en métropole avec ses parents, son frère et ses deux soeurs, dans une ville de la façade atlantique qu’il lui faudra lentement apprivoiser. Son père continue d’y exercer son étrange métier de gardien de prison, les condamnant à vivre à l’intérieur de l’enceinte. Là, elle voit bien qu’elle est, malgré ses efforts, encore et toujours à moitié. Quand pourra-t-elle être entière ? Ce livre de l’exil, géographique autant qu’intérieur, est porté par l’amour inquiet d’une fille pour son père. La personnalité ombrageuse et puissante de cet homme secret compose le parfait contrepoint à l’écriture lumineuse et vibrante de Jeanne Benameur.

Jeanne Benameur a une puissance d’écriture indéniable. On ressent avec force tout le désarroi de cette petite qui ne sait trouver vraiment sa place , tout d’abord dans son pays où la mixité les place dans une sorte d’entre-deux, puis en France. Elle se trouve dans une famille où les non-dits sont de mise, le mensonge. Narratrice, nous la suivons dans cette recherche d’identité et de vérité, d’amour et de partage. Ce style, ce ton si juste, cette plume, cette pudeur et cette sensibilité composent l’identité et la particularité de Jeanne Benameur qui est à mon sens une auteure majeure de la littérature contemporaine.

Je vous conseille d’ailleurs aussi Les demeurées et Laver les ombres (je n’ai pas encore lu les autres).

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